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22 mars 2007
Iran : l'Arabie saoudite prévoit une flambée du pétrole en cas d'attaque
Vérité ou intox ? Selon l'ancien ministre saoudien du pétrole, Cheikh Ahmad Zaki al-Yamani, le prix du brut pourrait dépasser les 100 dollars le baril en cas d'attaque de l'Iran par les Etats-Unis ou Israël, a-t-il prévenu mercredi en marge d'une conférence.
A noter tout de même que l'éventualité d'un conflit armé semble être une solution de plus en plus probable si l'on en croit l'Arménie, pays voisin de l'Iran.
A moins que l'objectif de tels propos soit justement de faire monter les cours du pétrole ...
"Si les Etats-Unis ou Israël attaquaient l'Iran, ce à quoi l'Iran riposterait sans doute, le prix du baril de pétrole pourrait atteindre 100 dollars, et vous savez ce que cela veut dire pour l'économie mondiale", a averti M. Yamani, actuel président du Centre for Global Energy Studies (CGES) lors d'une conférence à Londres. "C'est une pensée assez horrible", a-t-il estimé, s'avouant "inquiet".
Ce que Monsieur Yamani oublie tout de même de préciser – nettement moins horrible – c'est que son pays, l'Arabie saoudite dépend fortement de la manne pétrolière et qu'une flambée du pétrole n'aurait pas pour lui que des désavantages...Bien au contraire, selon lui, Ryad, premier producteur mondial de brut et détenteur de réserves estimées à plus de 260 milliards de barils, "a intérêt, à long terme, à réduire le prix du brut afin de préserver la demande". En effet, il estime que des prix de pétrole élevés auraient pour effet probable de favoriser l'utilisation de sources alternatives d'énergie, ce qui ne serait pas dans l'intérêt des Saoudiens. Toutefois, ses propos pourraient n'avoir qu'un seul but : attiser les craintes d'une éventuelle attaque de l'Iran ... ces dernières pouvant augmenter les cours du marché...
Concernant les prix actuels du pétrole, qui évoluent aux alentours de 60 dollars le baril, l'ancien ministre a jugé qu'ils n'étaient "pas sains". Certes, l'Arabie saoudite ne serait "pas satisfaite si le prix du baril devait retomber sous les 40 dollars, car il ne lui permettrait pas de continuer à tenir son budget", a-t-il néanmoins concédé.
Cette logique est également valable pour les autres pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). "Ces prix (trop élevés, ndlr) auront un impact sur l'économie mondiale et la demande", a encore estimé M. al-Yamani.
Concernant la probabilité d'une intervention militaire des Etats-Unis ou d'Israël, M. al-Yamani n'a pas souhaité se prononcer sur le sujet, se bornant a déclarer que "logiquement, elle ne devrait pas intervenir", tout en ajoutant: "certaines actions vont parfois à l'encontre de la logique".
Le Conseil de sécurité des Nations unies devait entamer mercredi à 19H00 GMT des négociations sur de nouvelles sanctions contre l'Iran, soupçonné par nombre de pays occidentaux de se servir de son programme nucléaire civil pour développer l'arme atomique.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a quant à lui lancé mercredi une mise en garde aux grandes puissances en affirmant que Téhéran "utilisera toutes ses capacités pour répondre aux menaces et à l'utilisation de la force et de la violence" contre l'Iran.
Les Etats-Unis envisagent de durcir leurs contrôles à l'exportation, visant à isoler les "pays voyous" comme l'Iran, en dressant une liste de pays intermédiaires jugés peu fiables, a déclaré par ailleurs mercredi un responsable de l'administration.
"Dans un effort pour élargir les options à notre disposition pour lutter contre les transports de marchandises illicites vers l'Iran et ailleurs, le ministère du Commerce a proposé le mois dernier d'amender (...) les règles sur l'exportation en créant un groupe de pays C", a déclaré lors d'une audition parlementaire Mark Foulon, sous-secrétaire au Commerce.
"Ce groupe rassemblerait des pays suscitant certaines inquiétudes, sur la base du volume de transit et de l'efficacité des contrôles à l'exportation", a précisé M. Foulon, se refusant à fournir des détails en attendant que cette proposition soit finalisée.
Un autre haut responsable, Stuart Levey, sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme, a justifié l'intensification des efforts pour contrôler les transactions internationales avec l'Iran notamment par le fait que Téhéran “utilise des sociétés écrans et des intermédiaires pour s'engager dans des transactions commerciales qui sont en fait liées à ses programmes d'ADM" (armes de destruction massive).
D'une façon générale, les responsables de l'administration invités par la commission des Affaires bancaires du Sénat se sont toutefois félicités des résultats de la communauté internationale pour assurer l'efficacité des sanctions économiques contre l'Iran.
"L'Iran continue à rencontrer de grandes difficultés pour attirer des investissements étrangers dans le secteur des hydrocarbures, et ces dernières années peu de sociétés étrangères se sont engagés à développer les gisements iraniens de pétrole et de gaz", a ainsi déclaré le numéro trois du Département d'Etat Nicholas Burns. Si l'on regarde bien, ce n'est quand même pas tout à fait le cas...alors que les pétroliers texans aimeraient avoir une part plus large du gâteau... j'ai bien dit plus large ...
Sans citer de pays ni de sociétés particulières, M. Burns a précisé que ces dernières semaines, les Etats-Unis ont eu des contacts vigoureux de haut niveau avec des sociétés et des pays envisageant des investissements dans le secteur pétrolier-gazier iranien. En exprimant notre opposition à de tels accords, nous avons souligné l'impact négatif qu'ils pourraient avoir sur les efforts internationaux pour résoudre le dossier nucléaire, ainsi que les retombées judiciaires potentielles aux termes du droit" américain, a-t-il dit.
Le message est clair : alors que la quasi-totalité des groupes pétroliers internationaux font les yeux doux à l'Iran, les Etats-Unis hausseront le ton à moins qu'ils ne “négocient” l'obtention d'une part d'une gâteau... ou d'une contrepartie. La question pourrait bien être le véritable enjeu de toute “l'historie”.
Le président de la commission Chris Dodd, qui brigue l'investiture démocrate pour la présidentielle 2008, a cependant jugé insuffisants les efforts de l'administration, estimant que les sanctions économiques américaines contre l'Iran ne s'inséraient pas dans "une stratégie politique et diplomatique cohérente, coordonnée et globale" contre l'Iran.
Sources : AFP
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Le 22 mars 2007 |
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