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28 septembre 2007
Iran et Bolivie : accès au nucléaire civil et Opep du gaz ?
Gros message ... Alors que la Bolivie et l'Iran étaient « pressentis » pour être les membres fondateurs d'une Opep du gaz, les présidents bolivien, Evo Morales, et iranien, Mahmoud Ahmadinejad, ont revendiqué le droit de leurs pays à l'énergie nucléaire civile, dans une déclaration commune signée jeudi à La Paz.
Prochaine étape vendredi du Président iranien : le Vénézuela où il doit rencontrer le président Hugo Chavez, lui même très solide partisan de la création d'un cartel gazier.
Mais au delà de cette nouvelle organisation, c’est bien une véritable alliance (militaire ?) qui pourrait unir 3 pays dont deux (voire tous ? )sont ouvertement farouchement opposés à Bush : la Russie, le Venezuela et l’Iran.
Dans cette déclaration conjointe, la Bolivie et l'Iran indiquent soutenir le "droit des pays à développer l'énergie nucléaire civile dans le cadre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires", soulignant qu'il s'agit "d'un moyen de contribuer significativement au développement économique et technologique de ces pays".
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a par ailleurs signé une série d'accords économiques avec M. Morales sur la coopération et le développement de la Bolivie. Ces accords portent sur les hydrocarbures, l'agriculture, l'élevage, l'énergie et le transfert de technologie. Les deux pays ont prévu un mécanisme de consultations politiques qui se réunira régulièrement.
L'opposition bolivienne s'est néanmoins inquiétée de la visite du chef de l'Etat iranien et de ses possibles visées sur les gisements d'uranium bolivien.
Si Hugo Chavez, président du Venezuela avait d'ores et déjà réalisé une tournée parmi les principaux pays membres de l'Opep en vue de la création d'un cartel gazier, le Venezuela et l'Iran ont annoncé début avril, qu'ils appuyaient l'idée d'une "Opep du gaz" pour défendre les intérêts des pays exportateurs de gaz naturel. M. Ramirez avait alors minimisé l'opposition de pays occidentaux à la formation d'un nouveau cartel gazier. "Les pays consommateurs sont toujours contre nos intérêts. Nous essayons de défendre nos intérêts", avait-t-il dit
Avant le forum qui s'est tenu avant l'été au Qatar durant lequel l'idée d'une Opep du gaz a été débattue, l'Argentine, la Bolivie et le Venezuela s'étaient d'ores et déjà prononcés en faveur du regroupement des pays exportateurs au sein d'une structure à l'instar de l'OPEP.
"Nos pays ont institué un groupe semblable à l'OPEP (Organisation des pays d'Amérique latine producteurs et exportateurs de gaz), qui est chargé de la politique tarifaire", avait indiqué le ministre bolivien de l'Industrie, Carlos Quiroga. Il avait également annoncé qu'il jugeait nécessaire de créer un "groupe similaire à l'échelle globale". Pour rappel, l'Organisation des pays producteurs et exportateurs de gaz d'Amérique du sud (OPPEGASUR) a été créée formellement en mars par le Venezuela, la Bolivie et l'Argentine.
A la mi-mars, pourtant, Evo Morales s'était déclaré opposé à la création d'une OPEP du gaz basée sur l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Il s'était toutefois déclaré favorable à une organisation de pays producteurs, mais à condition que celle-ci serve des fins humanistes au lieu d'imposer ses points de vue et ses prix aux pays dépourvus de ressources énergétiques.
"Je respecte beaucoup la proposition du président Chavez", avait alors dit M. Morales, "mais ce type d'organisation ne doit pas exister pour imposer des politiques aux pays non producteurs de gaz", avait-t-il estimé, faisant un parallèle avec son propre combat pour que tous les Boliviens aient accès à l'eau potable.
"L'énergie est importante pour la vie des êtres humains. Elle doit servir à résoudre les problèmes non seulement des pays producteurs, mais aussi ceux des pays non producteurs. C'est pour cela que nous avons besoin d'une organisation", a-t-il insisté au cours d'une conférence de presse.
En février dernier, le leader spirituel de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Khamenei, avait émis l’idée de créer conjointement avec la Russie une organisation de coopération gazière. Après avoir indiqué que la moitié des réserves mondiales de gaz se trouvaient en Iran et en Russie, l'ayatollah confirmait vouloir poursuivre et approfondir les coopérations avec la Russie, voire même, en créer au niveau politique. "Nos pays peuvent devenir des partenaires complémentaires dans les domaines de la politique, de l'économie ainsi que dans le règlement des problèmes régionaux et internationaux" soulignait le guide.
Mais au delà de la création d'un cartel gazier, Téhéran semble viser la formation d’une coalition antioccidentale. Moscou pourrait avoir reçu ainsi une proposition en vue de conclure une alliance militaro-énergétique avec l’Iran, lequel est ouvertement opposé aux Etats-Unis et à l'Occident tout entier, compte-tenu de son programme d'enrichissement de l'uranium ... tout en attirant néanmoins les convoitises de la quasi-totalité des groupes pétroliers internationaux.
Il ne s’agit pas de la première discussion à ce sujet. En juin 2006, au cours de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Shanghai, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait discuté directement de la coopération "en matière de définition aussi bien du prix du gaz que des principaux itinéraires (de transport) dans l’intérêt de la stabilité globale".
Mais certains anlystes estiment toutefois que Moscou peut difficilement accepter la proposition de l’ayatollah Khamenei, cela signifiant en effet la rupture de son partenariat énergétique avec l’UE et une opposition ouverte aux politiques occidentales. Mais la Russie n'a pas intéret à refuser trop promptement les avances de l'Iran, ceci pouvant être considéré comme un affront par Téhéran et une rupture du partenariat actuel entre les deux pays. Et puis - et peut-être surtout -Poutine a besoin de ces "amitiés particulières" pour faire pression dans le cadre des ses négociations avec l'UE.
Toujours en février, l'administration américaine avait annoncé son intention d'étudier de très près les projets du Venezuela d'acheter en Russie un lot de systèmes d'armes sol-air Tor-M1. "Nous allons étudier cette transaction pour en connaître les détails", avait indiqué à Washington le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack. M. McCormack a rappelé que l'administration Bush avait déjà soulevé la question de la "militarisation excessive du Venezuela qui va au-delà de ses besoins".
Pour rappel, Tor-M1 est un système d'armes sol-air modernisé de cinquième génération capable de neutraliser les avions, les hélicoptères de tous types ainsi que les missiles de croisière et les drones, et d'abattre plus efficacement les missiles de haute précision. Les batteries bénéficient d'une zone d'impact élargie, alors que l'altitude d'impact a été relevée de 6 à 10 km. En outre, le système antibrouillage a été nettement amélioré.
La Russie compte participer activement à la modernisation des forces armées vénézuéliennes, avait déclaré en décembre le représentant régional de l'exportateur officiel d'armement russe Rosoboronexport, Sergueï Ladyguine. "La Russie participera d'ici 2013 à une modernisation sérieuse des forces armées vénézuéliennes. La réélection de Hugo Chavez à la présidence ouvre pour nous de grands horizons", avai-t-il indiqué. "Notre coopération au niveau des armées de terre et des armées de l'air n'est qu'un début. Nous avons de bonnes perspectives quant à la modernisation de l'aviation de transport, de la DCA, de la lutte radio-électronique, mais aussi de la marine, qu'il s'agisse des sous-marins ou des navires de surface", avait souligné l'interlocuteur de l'agence.
"Le Venezuela et l’Iran s’entretiennent sur la conclusion d’un accord de coopération militaire et technique. [...] Il s’agit notamment de la fabrication conjointe d’avions sans pilote ainsi que de la modernisation de chasseurs américains F5", avait déclaré toujours à la même date le ministre vénézuélien de la Défense Raul Baduel.
"Personne n’ignore que le Venezuela possède une quantité importante de chasseurs américains F-5 mis hors d’exploitation en raison de l’embargo américain portant sur les pièces détachées. Cependant nous pouvons utiliser le fuselage comme une base pour rééquiper et moderniser ces avions grâce à de nouvelles technologies dont disposent les Etats amis", a estimé le ministre, sans toutefois nommer ces pays. Le Venezuela veut utiliser des avions sans pilote pour protéger ses frontières terrestres et maritimes, a annoncé en outre Raul Baduel.
Sources : AFP, Novosti
A lire également :
. Pas de décision sur Opep du gaz/création d'un comité
. Venezuela, Iran, Russie:OPEP du gaz et alliance militaire ?
. CHAVEZ en IRAN : vers une OPEP du gaz ?
Le 28 septembre 2007 |
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