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25 septembre 2007
Sarkozy en Afghanistan en 2008, pour le pétrole d'Irak ?
Nicolas Sarkozy a annoncé lundi, au cours d'une conférence de presse à New York, qu'il se rendrait en Afghanistan au printemps 2008.
Si en avril dernier, alors que la campagne électorale battait son plein, le candidat Sarkozy s'était prononcé pour un retrait des soldats français d'Afghanistan, le nouveau Président français avait pu démontrer son "pragmatisme" en affirmant le 27 août dernier que la France allait "accentuer ses efforts" dans le pays.
Il n'y a que les sots qui ne changent pas d'avis .... surtout si l'on sait que Total vient de s'accorder avec l'américain Chevron sur un champ pétrolier en Irak ... en contre-partie d'un "soutien" militaire ?
« J'ai redit à Hamid Karzai (le président afghan ndlr) l'engagement de la France au service d'un Afghanistan indépendant", a ajouté le président après une rencontre avec son homologue afghan. Pour rappel, la France participe avec plus d'un millier d'hommes à la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF) de l'Otan, qui combat les insurgés talibans et contribue aux opérations de maintien de la paix en Afghanistan.
En avril dernier, Nicolas Sarkozy s'était prononcé pour un retrait des soldats français d'Afghanistan. "Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive", avait-t-il indiqué dans le cadre de l'émission "A vous de juger", sur France 2.
Pourtant, le 27 août dernier, Nicolas Sarkozy annonçait que la France allait « accentuer ses efforts en Afghanistan ». Au mois d’octobre, la France déplacera six avions Mirage de la base qu’elle loue au Tadjikistan vers la base de Kandahar. Avant la fin de l’année, l’armée française va également dépêcher des avions Rafale en Afghanistan. La mission de ces avions sera « sous la responsabilité des états-majors américains » selon un expert militaire français cité par le Canard enchaîné du 5 septembre.
Le ministre français de la Défense Hervé Morin s'est rendu récemment au Tadjikistan « pour une courte visite de travail ». M. Morin devait y rencontrer le président tadjik Emomali Rahmon. "Au cours de cette visite, le ministre a l'intention d'aborder la question du redéploiement de six Mirage français", avait déclaré l'un des attachés militaires. Trois chasseurs devraient partir pour Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, fin septembre et trois autres au cours du mois d'octobre, ainsi que 150 hommes, pilotes et personnel au sol. Il a été précisé que ce redéploiement était une mesure temporaire, liée à la dégradation de la situation dans le sud de l'Afghanistan, et que les chasseurs devaient être disponibles à Kandahar en cas d'attaque des talibans contre les forces afghanes ou de l'OTAN. Les Mirage devraient rentrer sur leur base de Douchanbé après ces opérations.
M. Morin avait notamment pour objectif de rencontrer les forces françaises stationnées à Douchanbé, ainsi que les unités de maintenance qui restaurent les pistes d'atterrissage et de décollage de l'aéroport de la capitale. L'aéroport de Douchanbé accueille un petit contingent français depuis décembre 2001, déployé dans le cadre de l'opération antiterroriste en Afghanistan, et actuellement composé de 450 militaires, six Mirage et trois avions de transport militaires Transall.
Selon le ministère de la Défense, cette installation à Kandahar aurait pour objectif de « rapprocher » les avions de combat de leur zone d’intervention potentielle. Toujours selon la même source, la France bénéficierait ainsi d’« une mutualisation des moyens de base ». Ce qui signifie militairement que les Français seront désormais intégrés aux contingents alliés sous la responsabilité des états-majors américains et politiquement, comme l’affirme un membre de l’état-major militaire français, cela « démontre que la France va bientôt reprendre toute sa place au sein de l’OTAN, et toutes ses responsabilités dans l’Alliance atlantique ».
Le contingent militaire français en Afghanistan compte actuellement un millier d’hommes et fait partie de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF), placée sous les ordres de l’OTAN et dirigée depuis février par le général américain David Mac Neil.
Dans le cadre de son intervention en Afghanistan, le nouveau chasseur Rafale F2 de Dassault s’est entraîné cet été, en l’absence du Charles-de-Gaulle en révision, à une série d’appontages et catapultages sur le porte-avions américains Enterprise au large de Toulon. Les Rafale sont en mission de guerre en Afghanistan depuis mars dernier.
Pourquoi un tel "revirement" dans les propos de Nicolas Sarkozy ?
Les géants pétroliers Total et Chevron ont signé un accord de services qui devrait leur permettre d’explorer et de développer conjointement l’un des plus grands champs pétrolifères irakiens, celui de Majnoun (sud-est), une fois qu’une loi sur les hydrocarbures sera adoptée et que la sécurité sur le terrain se sera améliorée, rapportait en août dernier l’agence Dow Jones en citant des sources proches du dossier.
Les deux groupes ont signé l’accord l’an dernier et procèdent désormais à l’évaluation des conditions terrestres autour de Majnoun, le quatrième gisement d'Irak, situé près de la frontière iranienne, afin de déterminer quels travaux de développement sont requis, a-t-on précisé de mêmes sources en ajoutant que les autorités de Bagdad sont au courant de cet accord.
Total, Chevron et les responsables irakiens se sont ainsi rencontrés en juin pour discuter de la mise en oeuvre de cet accord, même si le gouvernement irakien n’est pas encore impliqué. “Il n’y a pas d’accord de partage de production” sur Majnoun car la législation sur les hydrocarbures n’a pas encore été ratifiée, notait-t-on en août, en assurant toutefois que “le contrat de services offre une large avance” à Total et Chevron.
Majnoun avait une capacité de production d’environ 50.000 barils/jour avant l’intervention américaine en 2003, selon les statistiques du ministère américain de l’Energie. Ce gisement a des réserves totales estimées à 12 milliards de barils, ce qui en fait le quatrième plus grand champ d’Irak, selon l’institut Bernstein Research. On précisait par ailleurs que Chevron et Total travaillaient aussi en collaboration sur le champ de Nahr ben Omar (sud), dont les réserves sont estimées à 6 milliards de barils.
Mais rien n'étant gratuit dans ce monde ... l'accord aurait été conclu en échange d’une plus grande implication de la France en Afghanistan - qui, en plus de ses avions, dispose de 1 100 militaires stationnés à Kaboul.
Pareil "accord" consistant à s’impliquer en Afghanistan pour "se racheter" de ne pas avoir participé à la guerre en Irak a des antécédents. Un récent reportage de Radio-Canada sur la guerre en Afghanistan nous apprenait que le Canada avait cherché, après avoir refusé de participer à la guerre en Irak, à revenir dans les bonnes grâces des États-Unis en s’engageant dans des zones plus risquées en Afghanistan.
Sources : AFP, AP, Ministère de la Défense, L'aut'journal, Montréal, l'Humanité
Le 25 septembre 2007 |
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