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10 novembre 2007
Rumeurs d'impact des subprimes sur Barclays : euro/pétrole en baisse
Comme quoi le malheur des uns peut – parfois – faire le bonheur des autres.
Alors que hier encore Louis Gallois, patron d'EADS évoquait un possible renforcement de Power 8 compte-tenu de la faiblesse du dollar, voilà que des risques de contagion de la crise des subprime sur la banque britannique Barclays affaiblissent désormais le cours de l'euro et le prix du pétrole.
- Des rumeurs sur Barclays troublent les marchés
De simples rumeurs sur une possible exposition de la banque Barclays à la crise du crédit immobilier à risque américain ont suffi vendredi à faire baisser quelque peu le cours de l'euro et le prix du pétrole.
Barclays a soudain plongé de 9,1% vers 11H30 GMT vendredi, une chute suffisamment importante pour que la cotation du titre soit interrompue pendant cinq minutes. Peu après cependant, un porte-parole de la banque a démenti "catégoriquement" les rumeurs dont cette chute était la conséquence, les déclarant "sans fondement".
Cette réaction “épidermique” de la Bourse démontre – s'il en était besoin - la nervosité actuelle qui règne sur les marchés monétaires et ceux des matières premières mais également leur degré important d'interaction.
- Barclays victime de la crise des subprimes ?
Des bruits insistants courraient bon train, affirmant que Barclays pourrait – tout comme la banque américaine Citigroup – devoir faire face à des dépréciations d'actifs de 10 milliards de dollars et à la démission de l'un ou l'autre de ses dirigeants. Un porte-parole a assuré qu'elles n'avaient "aucun fondement", martelant au contraire que “Barclays ne s'apprêtait pas à annoncer une charge de 10 milliards de dollars liée à la crise du "subprime" américain”, que non, “le directeur général John Varley et le président Bob Diamond (par ailleurs patron de Barclays Capital, la banque d'investissement du groupe) n'avaient pas démissionné” et qu'enfin “il n'était pas question d'une augmentation de capital en urgence pour combler de telles pertes.”
Le porte-parole a renvoyé à un communiqué du 12 octobre, semblant montrer que Barclays Capital avait bien traversé la crise de l'été puisque "les bénéfices du mois de septembre ont été nettement plus élevés qu'en juillet et en août", et que l'activité devrait être "rentable pour le reste de l'année".
Les analystes ont aussi noté que Barclays avait racheté jeudi pour 16 millions de livres (23 millions d'euros) de ses propres actions sur le marché, une opération de routine qu'elle n'aurait sans doute pas faite si sa situation était si périlleuse. Néanmoins, le marché continue à soupçonner la britannique d'être une victime importante de la crise du "subprime": Barclays Capital a été en effet un gros émetteur "d'obligations de dette collatéralisée", instrument financier complexe qui s'était fortement abreuvé de ces crédits à risque.
Cette crise de confiance a ainsi fait perdre à Barclays un tiers de sa valeur en Bourse depuis le début de la crise en août, et 20% rien que cette semaine, après la démission de Charles Prince, le PDG de la numéro un mondiale américaine Citigroup, consécutive à l'annonce de 8 à 11 milliards de dollars de dépréciations liées au "subprime".
Barclays a indiqué vendredi qu'elle n'avait pas l'intention de communiquer sur ses résultats avant la prochaine date prévue, le 27 novembre. Mais dans le contexte actuel de soupçon généralisé, le silence observé par la banque ne lui est pas favorable. Les démentis de Barclays n'ont en effet que peu joué sur son cours puisque la banque perdait encore plus de 4% à 15H00 GMT.
- L'euro en baisse
La rumeur a également rapidement “contaminé” les autres marchés. Alors que l'euro venait d'établir un nouveau record à 1,4752 dollar à 10H22 GMT, au lendemain de la décision de statu quo à 4% de son taux directeur par la BCE et de propos pessimistes tenus par Ben Bernanke sur l'économie américaine, il a en suite battu en retraite en quelques minutes. La monnaie européenne est ainsi retombée jusqu'à 1,4665 dollar - une différence de près d'un cent assez notable sur ce marché- peu après la suspension temporaire du titre Barclays à la Bourse de Londres.
S'il y a deux jours, après les résultats de BNP Paribas, les analystes européens semblaient estimer que le subprime était avant tout un problème américain, la rumeur concernant Barclays a fait craindre que personne ne soit à l'abri.
A 14H00 GMT (15H0O à Paris), l'euro s'échangeait à 1,4686 dollar contre 1,4676 jeudi vers 22H00 GMT. La devise européenne baissait nettement face à la devise nippone à 163,25 yens, contre contre 165,22 la veille au soir. L'annonce cependant vendredi après-midi d'un déficit commercial américain à son plus bas niveau en près de deux ans et demi en septembre, à 56,5 milliards de dollars, a contribué à maintenir l'euro au niveau de la veille auquel l'avaient ramené les rumeurs sur Barclays.
Les analystes estiment que le recul de l'euro vendredi après-midi ne devrait être que passager, compte-tenu du contexte mondial actuel, les propos maussades de Bernanke sur l'économie américaine n'étant pas fait pour améliorer la situation.
- Le cours du pétrole également impacté
Si jusqu'à présent la faiblesse du dollar avait provoqué une ruée des investisseurs sur le pétrole - la matière première devenant ainsi plus attractive car libellé en dollar – les “intempéries passagères” affectant l'euro ont au contraire immédiatement pesé sur le cours du baril.
Celui-ci est tombé à New York de 96,36 à 94,54 dollars, une chute notable là aussi. Il s'est néanmoins nettement repris par la suite, les marchés oscillant entre crainte de voir baisser la demande énergétique aux Etats-Unis et des inquiétudes sur l'offre.
Vers 17H00 GMT, sur l'Intercontinental Exchange de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre prenait 14 cents à 92,93 dollars. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison à la même échéance prenait 46 cents à 95,92 dollars à la même heure.
Après avoir grimpé tout près des 100 dollars mercredi (à 98,62 dollars à New York et 95,19 dollars à Londres), les cours du pétrole ont fait un pas en arrière jeudi pour enchainer sur un swing endiablé.
La production d'hydrocarbures de la Norvège s'est rétablie progressivement vendredi après le passage d'une tempête qui a obligé plusieurs opérateurs à fermer temporairement leurs plateformes en mer du Nord. Les perspectives d'un ralentissement économique américain font craindre par ailleurs une baisse de la demande chez le premier consommateur mondial d'or noir. Mais dans l'environnement actuel d'offre restreinte, il faudrait selon certains analystes un “pessimisme macroéconomique plus profond pour renverser la tendance à la hausse du marché".
Malgré ces quelques éléments susceptibles de faire baisser les tensions, les facteurs haussiers ayant dopé les prix sont en effet toujours là: des perspectives de demande très robustes, des stocks bas et des menaces géopolitiques croissantes au Moyen-Orient.
Source : AFP
Le 10 novembre 2007 |
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