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15 juillet 2008

Gazprom/Iran: accord de coopération sur pétrole et gaz

Irangazprom 14 juillet en fanfare ... pour l'Iran et la Russie ...

Aors que le patron de Total vient de crier haut et fort que le climat politique en Iran lui dictait de ne pas investir dans le pays ... Gazprom vient d'annoncer un somptueux accord avec Téhéran ... sur des dossiers que le géant pétrolier français convoitait depuis des lustres ...

Alors que croire : le patron de Total, Christophe de Margerie aurait eu vent d'une éventuelle “débâcle” avant qu'elle ne soit officialisée ? sa diatribe de début de semaine n'ayant pour but que de “cacher” une sérieuse prise de veste ? Le politiquement correct dicterait les pas du PDG de Total alors que Nicolas Sarkozy ne semble pas porter Ahmadinejad dans son coeur ? Ou, au bout du “compte” , la finance dicterait-elle sa loi, les “somptueux atours” de l'Iran s'avérant être d'une rentabilité toute relative ?

- Accord entre Gazprom et Téhéran

"La Compagnie nationale iranienne du pétrole et Gazprom ont signé un accord les engageant à coopérer dans le développement des champs pétroliers et gaziers iraniens", rapporte l'agence Shana, liée au ministère iranien du Pétrole.

Aucune précision n'a été donnée sur les aspects financiers de l'accord, qui signale la volonté de l'Iran de se tourner vers la Russie pour le développement de ses ressources énergétiques.

Le développement côté iranien du gisement de South Pars, qui renferme 8% des réserves mondiales de gaz, est en retard par rapport au côté qatari. Les secteurs pétrolier et gazier iraniens souffrent globalement d'un déficit d'investissements étrangers. Azadegan, dont les réserves sont estimées à 42 milliards de barils, a commencé à être exploité en février. Avec les deuxièmes plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, l'Iran est le quatrième pays producteur de pétrole au monde, et le deuxième de l'Opep.

- Gazprom : un partenaire coopératif

"Gazprom sera un partenaire coopératif de la République islamique d'Iran", a déclaré dimanche le PDG de Gazprom, Alexei Miller, au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lors d'une réunion à Téhéran.

L'accord de coopération prévoit une possible participation de Gazprom dans le projet de gazoduc reliant l'Iran à l'Inde via le Pakistan, a précisé Shana. Ce qui ne va pas du tout plaire aux Etats-Unis ....

L'accord évoque également une aide russe dans l'acheminement du pétrole de la Caspienne vers le Golfe d'Oman, ainsi qu'une coopération dans le développement du champ pétrolier d'Azadegan Nord, qui fait partie du plus vaste champ iranien.

Des groupes de travail et une société mixte doivent être créés pour mettre en oeuvre l'accord.

M. Miller a fait part de la volonté du groupe russe, premier producteur mondial de gaz, de participer aux "grands projets pétroliers et gaziers, à (ceux de) South et North Pars, Azadegan et aux champs de la mer Caspienne." M. Ahmadinejad s'est dit de son côté très "intéressé par l'approfondissement des relations avec la Russie sur le plan des activités pétrolières et gazières".

- De Margerie juge trop risqué d'investir en Iran

Dans un entretien au Financial Times paru jeudi, le directeur général du groupe français Total, Christophe de Margerie, a jugé politiquement trop risqué d'investir pour l'instant en Iran, en raison de l'augmentation de la tension entre Téhéran et Washington.

Dans un entretien pour la chaîne de télévision France 24, il a fait état d'un "gel de facto" de l'engagement de Total dans le projet d'exploitation des réserves de gaz (bloc 11) à South Pars, un gisement partagé entre l'Iran et le Qatar et considéré comme l'un des plus grands au monde.

Tout de même quelque peu surprenant, alors que Total avait préalablement montré moult intérêts pour un tel “dossier”.

Ceci, au grand dam de Washington qui a pressé les majors du secteur énergétique à rompre avec Téhéran, en affirmant que maintenir des relations avec l'Iran adressait un mauvais signal dans une période de grande tension. La compagnie américaine Halliburton ne quittant discrètement les lieux qu'en avril 2007 ....

“Téhéran n'attache pas une importance démesurée au refus du directeur de Total d'investir en Iran à l'avenir”, a déclaré à la suite le ministre iranien du Pétrole, Gholamhossein Nozari.

"Nous l'avons déjà fait savoir : que ceux qui le souhaitent investissent en Iran. Et nous n'insisterons pas auprès de ceux qui ne le veulent pas, car nous sommes en mesure de mener à bien différents projets par nos propres moyens", a déclaré M. Nozari cité par la télévision iranienne.

Le ministre s'est cependant étonné de la contradiction entre les récents propos de M. de Margerie et ses déclarations faites lors d'une récente rencontre à Madrid, le PDG ayant assuré qu'"afin d'assurer la la sécurité de la production, il est nécessaire d'investir en Iran".

- Total n'est plus engagé dans South Pars selon l'Iran

Téhéran ne considère plus Total engagé dans le projet gazier de South Pars, a déclaré samedi le ministre iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari, suite aux propos de Christophe de Margerie.

"En ce qui nous concerne, nous considérons que Total n'est plus dans le projet", a déclaré le ministre iranien cité par le site internet de la télévision d'Etat. "La récente décision de Total de se retirer du bloc 11 de South Pars est une décision totalement politique et non commerciale", a ajouté M. Nozari.

"Dès que nous avons entendu cette nouvelle, nous nous sommes mis à travailler avec énergie sur ce bloc et nous continuerons de travailler avec énergie", a-t-il poursuivi.

- Total ne veut pas renoncer à travailler avec l'Iran

Le groupe français est engagé depuis des années dans des négociations avec l'Iran pour l'exploitation avec le malaisien Petronas de réserves de gaz (bloc 11) à South Pars, qui prévoit également la création d'une installation produisant du gaz naturel liquéfié (GNL) et l'exportation de ce gaz.

"Il est hors de question d'arrêter ce projet, il est hors de question d'y renoncer ou d'abandonner", a ainsi affirmé M. de Margerie dans un entretien à la chaîne France 24.

"Nous tenons à garder des relations de long terme avec notre partenaire iranien", a-t-il ajouté. Car au bout du compte, Total ne veut pas renoncer à travailler avec l'Iran ... lequel s'avère être le quatrième producteur mondial de pétrole et deuxième producteur mondial de gaz, une position stratégique, qui – hypocrisie mise à part - intéresse bigrement l'Union européenne, désireuse de s'émanciper du gaz russe.

- Position de Total : quand le politique se mêle à la finance

"Dans la posture actuelle du gouvernement français, qui a adopté une ligne dure vis-à-vis de l'Iran, un investissement de Total ne ferait pas beau dans le tableau", reconnaît Olivier Roy, chercheur au CNRS. Mais "ce n'est pas la peur des sanctions" qui a conduit Total à annoncer le gel de ses investissements, plutôt un "calcul entre les coûts et les avantages à rester en Iran", selon M. Roy. "Sur le terrain, les autorités iraniennes ne sont pas très coopératives", estime-t-il par ailleurs.

Depuis leur accord cadre d'août 2005, "les négociations entre Total et Téhéran n'ont pas abouti (...) parce que les coûts de ce projet n'ont cessé d'augmenter", note Pierre Terzian, directeur de la publication Petrostratégies.

Comme beaucoup de projets similaires dans le monde, ces coûts auraient doublé jusqu'à dépasser 10 milliards de dollars, en raison de la hausse des prix des matières premières comme l'acier ou d'un manque de main d'oeuvre.

Pour l'extraction du gaz, l'Iran utilise par exemple des contrats de services au lieu des traditionnels "contrats de partage de production", plus avantageux pour les compagnies étrangères, précise Francis Perrin, de la revue Pétrole et gaz arabes.

- L'Iran a besoin de l'expertise occidentale

D'autres groupes comme l'espagnol Repsol et l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell ont en mai souhaité renégocier leur participation dans South Pars plutôt que de quitter le pays.

Ces compagnies savent aussi que même si l'Iran menace de conduire seul ces projets, il a besoin de leur expertise. S'il s'agissait seulement d'extraire du gaz, "il y aurait un vrai risque" à ce qu'elles soient remplacées par d'autres entreprises, notamment asiatiques, explique Francis Perrin, de la revue Pétrole et gaz arabes.

Mais South Pars suppose aussi de maîtriser la technologie du GNL. Ce qui n'est pas le cas du géant gazier russe Gazprom ni des compagnies chinoises, relève M. Perrin.

Sources : AFP, Ria Novosti

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Le 15 juillet 2008 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink
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