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12 juillet 2008
Kron (Alstom) : à fond pour un rapprochement avec Areva
Discours spontané ou "dicté" par l'attitude de l'Elysée ?
Alors qu'il n'est de secret pour personne que Martin Bouygues - l'ami de longue date de Nicolas Sarkozy – lorgne sur , le groupe public Areva en vue notamment de créer un géant du nucléaire français, Patrick Kron, P-DG d'Alstom, vient une nouvelle fois de plaider pour un rapprochement global entre son groupe et le leader français du nucléaire.
"Je suis partisan d'un rapprochement global. Cela autoriserait de grandes ambitions. Nous bénéficierions d'un effet de taille, sachant que les concurrents mondiaux sont plus gros. Nous nous appuierions sur un réseau commercial performant car Alstom est présent partout dans le monde. Nous créerions enfin un avantage avec l'offre de centrales nucléaires complètes", déclare-t-il dans un entretien publié dans le Journal du Dimanche.
"Il ne s'agit pas de nous faire une cession, mais de créer un champion mondial dans la production d'électricité et le transport ferroviaire, en rapprochant Alstom et Areva", souligne-t-il, ajoutant que "la balle est dans le camp de l'actionnaire" public d'Areva. Certains estiment plutôt que la balle est aux mains de Nicolas Sarkozy en personne ...
"L'Etat détient plus de 90% du capital d'Areva. Il réfléchit légitimement à la stratégie de sa filiale et à la filière nucléaire française. En fonction de ses orientations, on verra comment Alstom peut se positionner. Que le gouvernement prenne son temps, cela me paraît normal. Il n'y a pas de date fatidique et je n'ai pas d'impatience", ajoute Patrick Kron. Le fait même de le souligner prouve néanmoins qu'il tente de faire « pression » sur l'Elysée pour obtenir une avancée rapide de la situation.
Pour le patron d'Alstom, les synergies liées à un éventuel rapprochement entre Alstom et Areva sont impossibles à chiffrer à ce stade. "Un tel calcul nécessite en effet un échange et un dialogue entre les deux parties. J'attends du gouvernement qu'il dise : 'Etudiez ce rapprochement industriel'", ajoute le P-DG.
"Chacun des problèmes, qu'il s'agisse du cycle de l'uranium ou de l'actionnariat, pourra trouver une solution appropriée. Je comprendrais que l'Etat veuille sanctuariser les activités liées au combustible. Cela peut passer par le maintien d'un actionnariat public et des règles de décision donnant le dernier mot à l'Etat. Ma préoccupation est managériale. Il faut que l'entreprise, quelle que soit la configuration, soit gérable", précise Patrick Kron.
La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, a fait état à plusieurs reprises de son opposition à un rapprochement avec Alstom.
Bouygues, qui contrôle 30% du capital d'Alstom, affiche quant à lui depuis plusieurs mois son intérêt pour une entrée dans le nucléaire.
D'après un article récent du Canard Enchaîné, le dossier de la privatisation d'Areva aurait été rouvert "à la demande de l'Elysée". Pour rappel, le projet avait été mis en sourdine en septembre dernier, avec les premières conclusions des conseils mandatés par l'Etat, McKinsey et HSBC, relativement pessimistes sur les bienfaits potentiels d'un mariage entre Alstom et Areva.
Mais, d'après le Canard Enchaîné, les spécialistes de l'Elysée et de Bercy auraient cette fois élaboré un montage financier prévoyant la fusion d'Areva et d'Alstom à travers une holding de tête dont Bouygues contrôlerait 35% "et l'Etat, pour sauver les apparences, 18%, le reste étant placé en Bourse".
Areva et Alstom seraient chacun valorisés au même montant de 20 milliards d'euros, constituant ainsi “un cadeau implicite de près de 3 milliards d'euros à Bouygues", estiment pour leur part les analystes de CM-CIC Securities. Selon eux, " la part de Bouygues dans l'ensemble représenterait en conséquence 14 milliards d'euros… pour une valeur en Bourse actuel de 7.4 milliards d'euros (35% d'Alstom), plus 9.5 milliards d'euros (35% d'Areva), soit près de 17 milliards d'euros".
Selon le Financial Times, en date du 19 mai 2008, Nicolas Sarkozy souhaiterait en effet “marquer son règne” par la constitution d'un géant du nucléaire français, bâti autour d'Areva. Il se heurterait pour ce faire à l'Allemagne, et plus particulièrement à Angela Merkel, laquelle ne semble aucunement disposée – de prime abord – à ce que l'allemand Siemens lâche du leste sur le dossier.
Mais c'est sans compter sur la “force de persuasion” du Président français et des ses influents “amis”, tels que Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, pour proposer un deal dont le principal élément serait de “troquer” aéronautique (EADS/Airbus) contre nucléaire. Histoire également (ou principalement ?) qu'aucun obstacle ne vienne désormais freiner les “ambitions” de Bouygues en la matière ?
Sources : Reuters, AFP, Canard Enchaîné
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Le 12 juillet 2008 |
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Commentaires
Rédigé par: FR | 11 août 2008 15:48:58
Encore des analyses chiffrés précisément, sur des suppositions qui sont sans doute très loin de la réalité finale, un projet d'une telle ampleur, ne se fera pas sans débats et concessions à l'assemblée.

