« Gazprom : le tarif du gaz destiné à l'UE au delà des 500 $ | Accueil | Biocarburants : des ONG pour l'abandon des objectifs de l'UE »
08 octobre 2008
EON et Gazprom trouvent un accord sur le champ gazier Ioujno-Rousskoïe
Comment « amadouer » un partenaire et client quelque peu « remonté » face à ses récents « agissements » en Géorgie ? La Russie a encore une fois la solution : le groupe allemand EON a trouvé un accord avec le géant russe Gazprom pour prendre une part dans l'immense gisement gazier Ioujno-Rousskoïe, en Sibérie, a-t-il annoncé jeudi.
Il est vrai que l'Allemagne est extrêmement dépendante de Moscou pour ses approvisionnements en hydrocarbures et qu'il lui sera difficile à court terme de changer de fournisseur, même si Berlin semble se rapprocher actuellement du Nigéria.
EON va prendre une part de 25% moins une action dans le champ gazier. En échange, Gazprom va récupérer la participation de 49% détenue par EON dans la société russe ZAO Gerosgaz, laquelle détient 3% des actions de Gazprom.
Cette transaction ne change rien dans l'immédiat à la part directement détenue par le groupe allemand dans le géant russe, qui est de 3,5%.
L'accord a été signé à l'occasion d'une visite en Russie de la chancelière Angela Merkel.
Le patron d'EON Wulf Bernotat s'est félicité d'une transaction qui "renforce de manière importante la présence d'EON sur le marché russe de l'énergie", où les Allemands ont déjà acquis le producteur d'électricité OGK-4.
"Gazprom et EON ont une nouvelle fois montré qu'ils étaient des partenaires de long terme, capables de coopérer tout au long de la chaîne de production", a réagi pour sa part Alexeï Miller, patron du groupe russe.
La coopération des compagnies allemandes avec Gazprom date du début des années 1970, quand Ruhrgas et plusieurs autres sociétés industrielles et banques ont participé à la construction d’un réseau de gazoducs de transit pour faire parvenir du gaz sibérien jusqu’en Europe occidentale.
Le champ de Ioujno-Rousskoïe est quant à lui l'un des plus importants au monde. Ses réserves étaient de t 805,3 milliards de m3 de gaz et 5,7 millions de tonnes de pétrole au 1er janvier 2007. le gisement se trouve dans le district autonome des Iamalo-Nenets, en Sibérie occidentale. Actuellement, 26 puits de gaz sont opérationnels qui fournissent 15 millions m3 par jour. L'exploitation du gisement est confiée à Severneftegazprom, une coentreprise de Gazprom et de BASF dont ils détiennent respectivement 75% et 25%. D'ici 2009, la production annuelle du gisement de Ioujno-Rousskoïé devrait s'élever à 25 milliards de mètres cubes de gaz, estimait Moscou fin 2007.
Le gisement avait été inauguré en décembre 2007 par Dmitri Medvedev et le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier. Mais l'accord sur la participation d'EON avait pris du temps à la suite, en raison notamment de la flambée du prix du gaz, laquelle a placé Gazprom en position de force pour négocier.
L'investissement est d'une grande importance stratégique pour le numéro un allemand de l'énergie, très intéressé par un marché russe de l'énergie en pleine privatisation.
En août 2006, Gazprom a d'ores et déjà signé avec l’allemand E.ON plusieurs accords censés sécuriser à long terme les fournitures de gaz russe à l’Europe. Les documents prévoient notamment la prolongation des contrats portant sur la livraison annuelle de 20 milliards de mètres cubes de gaz via Waidhaus, à la frontière germano-tchèque, pour la période 2020-2035. Un autre contrat porte sur l’augmentation des fournitures de gaz par le Gazoduc nord-européen (GNE) jusqu’à 4 milliards de mètres cubes par an.
Source : AFP, RIAN News Service (French Language)
Le 8 octobre 2008 |
(0) Commentaires | Permalink
dans les catégories Matières premieres
TrackBack
URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341cd6f453ef0105356574fe970b
Listed below are links to weblogs that reference EON et Gazprom trouvent un accord sur le champ gazier Ioujno-Rousskoïe:

