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22 février 2009

AZF : l'affaire est dans le sac

Azfammoitratecroixoccitane_2 ... mais lequel ? serait-on en droit de demander.

Car, alors que le procès de la catastrophe dite AZF débute lundi prochain 23 février à Toulouse, le journaliste d'investigation Jean-Christian Tirat – coauteur du livre “AZF-l'enquête assassinée- fait une véritable révélation sur le blog dédié à son ouvrage, laquelle pourrait changer la donne ... et la responsabilité de Total dans l'affaire ... Comment ?

Via une photo, une “simple” photo serait-on même tenté de dire. Certes, présente dans le dossier d'instruction ... mais parmi plus de mille autres pièces.

Alors que de nombreuses négligences non négligeables ont jonché “de nids de poules” la route tortueuse de l'instruction, rappelons que toute l’accusation repose sur l’hypothèse selon laquelle un ouvrier du site AZF-Grande Paroisse (propriété de Total depuis quelques mois seulement en ce fatal 21 septembre 2001) aurait pelleté dans une benne le contenu d’un sac de nitrate « explosif », le NAI (nitrate d’ammonium industriel).

Pendant cette opération, l'employé aurait également ramassé avec sa pelle quelques kilos d’un dérivé chloré, le DCCNa.

Toujours selon la thèse officielle, le mélange incompatible serait – selon les termes mêmes de Jean-Christian Tirat - “resté sagement dans la benne pendant 48h” avant que l’ouvrier ne le déverse dans le sas du hangar 221 réservé au transit des nitrates déclassés.

Aboutissant à une soupe - soupçonnée désastreuse - que même les pires sorcières – aussi chassées soient-elles - n'auraient pas osé inventer.

Gilles Fauré, l’ouvrier incriminé, a toujours affirmé au juge d’instruction pour sa part que le produit contenu dans le sac était de l’ammonitrate, c’est à dire un banal engrais agricole. Pour ce faire, l'homme, réussissant la gageure d'être à la fois considéré par la justice comme ayant “les mains pleines” mais néanmoins “innocent”, apporte une précision, capitale. Il la répète encore au juge d’instruction le 24 octobre 2002 : « Ce sac, je le vois encore. Il est désormais ancré dans mon esprit. Il avait une seule anse et sur le sac il était inscrit « ammonitrate » en noir. ».

Or, la couleur de l’inscription est un détail capital et pourrait mettre à mal les expertises, voire anéantir les conclusions de l'enquête officielle. En effet, mélangé au fuel, le nitrate d’ammonium industriel – imprimé à l'encre noir - constitue l’explosif secondaire civil le plus utilisé dans les mines et les carrières tandis que l’ammonitrate – imprimé en encre vert - n’est qu’un banal engrais agricole.

Alors, question primordiale : Gilles Fauré a-t-il pelleté un « explosif » comme l'affirme les “experts” officiels tels que Daniel Van Schendel ou bien de l’engrais  ? L'affaire est d'importance puisque les reconstitutions et les essais en laboratoire, jusqu’au fameux « tir 24 » réussi par l’expert en détonique du CEG (Centre d’étude de Gramat-DGA) vont essentiellement mettre en œuvre du nitrate d’ammonium industriel.

Mais en janvier 2009, Jean-Christian Tirat re-découvre une pièce du dossier à la lumière d'un nouveau jour. Une photo prise l’après-midi même de la catastrophe dans les décombres mêmes de l'usine AZF. Or, ... ce cliché démontre qu’il existait bien des sacs d'ammonitrate sérigraphiés ... à l’encre noire.

Une découverte essentielle puisque qu'elle prouve à elle seule que les reconstitutions réalisées au CEG de Gramat n'ont pas été réalisées avec les “bons”produits. Remettant en cause toutes les “démonstrations” voir les thèses des dits experts ... lesquels risquent d'être fortement chahutés lors du procès qui s'ouvre lundi ... pour 4 mois ...

Rappelons qu'en juillet 2006, le juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF de Toulouse a délivré un non-lieu pour le manutentionnaire initialement mis en examen pour "homicides et blessures involontaires".

L'employé avait été soupçonné être à l'origine du mélange malencontreux de quelques kg de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kg de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, vingt minutes avant l'explosion.

Azf042_biechlin Me Daniel Soulez-Larivière, avocat de la société Grande Paroisse  s'était alors déclaré satisfait de cette décision, notant que sur les 13 personnes mises en examen depuis le début de l'affaire, seul le demeurait aujourd'hui le directeur de l'usine, Serge Biechlin. Selon l'avocat, cela laisserait sous-entendre l'absence d'une démonstration factuelle des faits au sein même du dossier.

Interrogée par l'AFP, Me Stella Bisseuil, avocate de l'association "Familles endeuillées", avait alors  estimé que le non-lieu était "logique". "Cette décision nous paraissait assez inéluctable. Pour nous, c'est essentiellement un problème d'organisation de la sécurité et du travail à l'intérieur du site plutôt que d'une erreur humaine isolée", avait-t-elle expliqué.

Me Soulez-Larivière avait également annoncé qu'un "abondant dossier" de demande de contre-expertise, concluant à "l'absence de base pour de quelconques poursuites", avait été déposé le 13 juillet 2006 au nom de M. Biechlin, et qu'il serait complété par une demande identique concernant la société Grande Paroisse, mise en examen en qualité de personne morale le 31 mai 2006 pour "homicides et blessures involontaires".

Sources :

Jean-Christian Tirat et Franck Hériot « AZF : l’enquête assassinée » Plon http://azf-enqueteassassinee.typepad.com/ + AFP

Le 22 février 2009 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink
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