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28 mars 2009
Equateur : nouveau gisement de brut
Ironie du sort : alors que certains pays membres de l'Opep souhaiteraient voir baisser la production du cartel afin de faire remonter les cours, l'Equateur vient d'annoncer la découverte d'un nouveau gisement.
Vous avez dit peak-oil ?
A moins que l'objectif principal d'une telle annonce ne soit de lancer un message au groupe Perenco, dont la production a été saisie début mars.
L'entreprise publique Petroecuador a annoncé vendredi la découverte d'un gisement de pétrole, situé dans la province amazonienne de Sucumbíos, à la frontière avec la Colombie. Ses réserves initiales sont de 9 millions de barils de brut. Elles devraient augmenter au fur et à mesure que de nouveaux puits de pétroles seront exploités.
Cinquième producteur sud-américain, l'Equateur a des réserves attestées de 4,664 milliards de baril de pétroles. Selon la Banque centrale, le pays qui constitue le plus petit membre de l'Opep, a extrait en moyenne 506.000 barils par jour en 2008. 53% sont exploités par Petroecuador et le reste par des entreprises étrangères, indique-t-on de même source.
Alors que Perenco est la seule compagnie étrangère présente en Equateur n'ayant pas encore renégocié ses contrats afin d'octroyer au pays une part plus grande dans l'accord de partage de la production, le ministre équatorien du Pétrole Derlis Palacios a récemment annoncé que l'Equateur continuerait à saisir la production pétrolière de la compagnie franco-britannique Perenco dans le pays pour une période indéfinie
Le 4 mars dernier, les autorités équatoriennes avaient saisi 70% de la production de Perenco - 25.000 barils par jour. Cette mesure serait prise en “compensation” de supposés arriérés d'impôts d'un montant de 338 millions de dollars, que l'Equateur réclame au groupe pétrolier en contrepartie du dépassement des prix du pétrole spécifié dans le contrat.
Le gouvernement n'a pas fixé à Perenco une date limite pour signer un nouveau contrat, mais "nous avons simplement entamé le processus d'embargo et cela durera aussi longtemps que ça leur prendra (pour payer leurs dettes) ou aussi longtemps qu'ils voudront travailler sans toucher de revenus" pétroliers, a expliqué le ministre du pétrole de l'Equateur.
Début janvier, la suspension de l'activité du groupe pétrolier sur le territoire national équatorien avait été ordonnée en l'absence d'accords entre les parties dans le cadre des négociations menées actuellement avec le gouvernement socialiste de Rafael Correa.
En vue d'accroître les recettes de l'Etat, l'Equateur mène en effet à l'heure actuelle un vaste projet de remise à plat des contrats des compagnies pétrolières.
Rappelons que jusqu'à l'arrivée du président socialiste Rafael Correa, élu en novembre 2006, les 13 compagnies pétrolières opérant en Equateur étaient régies par un contrat de participation. Elles assumaient tous les coups d'extraction et reversaient 18% de la production de cru au pays. Alors qu'elles ne reversaient que 50% des bénéfices extraordinaires liés à la hausse du prix du pétrole à l'Etat équatorien, ce dernier s'est fait fort d'obtenir une nouvelle répartition de ces gains.
Perenco extrayait quelque 25.615 barils/jour de pétrole en Equateur jusqu'à ce que son activité soit suspendue par le gouvernement , début janvier. Ce dernier arguant alors que ces mesures étaient justifiées par sa propre obligation de réduction de production imposée par l'Opep en tant que pays membre.
Les mesures de suspension devraient permettre à l'Equateur, de réduire sa production à 453.000 barils quotidiens, contre 520.000 b/j auparavant, conformément à l'objectif fixé par le cartel le 17 décembre à Oran, pour tenter de limiter la chute du cours du brut ... Ceci pouvant expliquer cela ...
L'Equateur avait parallèlement tenté de négocier avec Perenco un nouveau contrat, accordant la plus grande part des bénéfices à l'Etat. Sans toutefois arriver à concrétiser un accord. Selon le ministre du Pétrole, le blocage serait consécutif à "la position intransigeante" de Burlington, l' associé américain de Perenco.
Sources : AFP, Banque Centrale
A lire également :
. Perenco : rupture du contrat envisagée par l'Equateur
Le 28 mars 2009 |
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